25 octobre 2004
DLPDGS - épisode 5

10 heures
Pour ne pas me faire remarquer, je supplie Peyo de me dessiner adoptant une démarche « à pas de loup », ce qu'il réalise parfaitement. Ainsi, je retourne discrètement dans la maison du Grand Schtroumpf.
N'ayant pas envie d'être dérangé, je referme la porte à clef derrière moi.
Vite ! J'abandonne mon « pas de loup » et je me précipite dans le laboratoire !
Il fait très sombre car les volets sont clos. Je saisis sur la table une bougie supportée par un vase bleu, et je l'allume. Un halo jaunâtre s'esquisse me permettant d'y voir clair.
Ouah, c'est trop chouette ici !
Sur la table en bois épais sont posés de nombreux instruments de chimiste : tubes à essai, ballons, bocaux, coupelles de cristal pur, agitateurs, bouchons en liège de toutes les tailles, cuillères, pipettes, spatules, scalpels, pinces, bec bunzène, etc...
Aux murs sont accrochées de solides étagères en bois accueillant divers livres, ustensiles et récipients sans doute destinés à des expériences de toutes sortes. Une étiquette est collée sur chaque récipient et m'indique les contenus, des substances aussi diverses que variées.
Une lourde échelle de bois massif est appuyée contre un mur.
Sur une imposante cheminée de pierre au linteau de bois sont disposés plusieurs vases, pots, couvercles et entonnoirs de toutes les formes et de toutes les couleurs. Une crémaillère pouvant supporter un chaudron très lourd est suspendue au milieu de la cheminée. Près de cette cheminée, un gros chaudron noir vide est posé à même le sol.
A droite de la table se trouve un pupitre en bois, sur lequel repose un grimoire imposant ouvert sur un texte mystérieux rédigé en caractères gothiques. Je m'approche pour mieux lire le titre :
L'épaisse couverture du livre est de couleur verte, et un large signet rouge repose sur la page de gauche...
24 octobre 2004
DLPDGS - épisode 4

09 heures
Dehors, il n'y a aucune voiture, et donc aucune pollution. Un bon air frais, sain, mais humide circule autour de tous ces champignons habités.
- petite musique bucolique, Mozart ou un autre schtroumpfeur -
Les arbres me paraissent gigantesques. Quelques brins d'herbe viennent me chatouiller les narines de temps en temps. Une petite promenade en campagne me fera le plus grand bien.
En m'éloignant du village, sur le sentier de la forêt, je surprends le Schtroumpf poète en train de réciter un poème d'automne, une plume à la main. Décidément, les premiers Schtroumpfs que je rencontre ne sont pas très... « viril ».
Si ça continue, je vais bientôt croiser le Transs Schtroumpf !
Un peu plus loin, sur le chemin du petit pont, je croise le Schtroumpf paysan, vêtu d'une salopette verte et d'un chapeau de paille. Appuyé sur son râteau, mâchonnant un épi de blé, il me regarde passer sans rien dire. Ce Schtroumpf-là me semble un peu plus « viril », mais bon, je sais bien, ça ne veut rien dire...
En revenant dans le village, j'évite de traverser le quartier gay que je reconnais tout de suite :
Et oui, avec mon petit bonnet rouge, je préfère ne pas m'y promener !
Peu avant ma maison, je découvre un joli puits. C'est donc là qu'il me faudra venir chercher l'eau pour pouvoir cuire mes jolies pâtes dans la jolie cheminée de ma jolie maison ce midi.
Avant d'être introduit dans le village des Schtroumpfs, pendant le briefing, la production m'a bien expliqué qu'il n'y aurait ni restaurant, ni cantine. D'ailleurs, ils m'ont fortement déconseillé d'emmener mes tickets restaurants. Cela fait partie des règles du jeu.
Et malgré les apparences, il n'y a pas non plus de distributeur de carte « bleue » ! Mais je ne devrais pas avoir besoin d'argent ici.
Bon, c'est pas tout ça, mais moi, j'ai envie d'aller explorer le laboratoire du Grand Schtroumpf. Cette idée m'obsède depuis mon arrivée.
Let's go back in my mushroom-home !
23 octobre 2004
DLPDGS - épisode 3

08 heures
Le jour s'est levé et me vient d'au dehors le murmure de l'agitation des villageois.
Timide, ému et quelque peu inquiet, je me décide enfin à sortir. Je prends l'air le plus naturel possible.
A peine le temps de m'étirer au soleil lorsque :
- « Bonjour Grand Schtroumpf, m'interpelle le Schtroumpf coquet, avez-vous bien schtroumpfé ? »
Tout-à-schtroumpf, je schtroumpfe quelque chose schtroumpfer dans ma voix. Non, je ne succombe pas à son schtroumpf, mais je me surprends à schtroumpfer ainsi :
- « Oui, j'ai schtroumpfé comme un schtroumpf , Schtroumpf coquet. »
Bon sang, pensé-je(*), je vais donc devoir parler en schtroumpf toute la journée !
Par bonheur, les Schtroumpfs ne s'aperçoivent pas que je ne suis pas le vrai Grand Schtroumpf et vaquent à leurs occupations quotidiennes, tout en me saluant.
Difficile de mettre un nom sur chacun de ses petits bonhommes (euh… ma foi nous avons la même taille).
Mais la langue schtroumpf me permet d'éviter de schtroumpfes erreurs !
En observant les Schtroumpfs, quelque chose m'intrigue. Les Schtroumpfs ont beau marcher sur la terre ou dans l'herbe, leurs pieds restent parfaitement propres et blancs. Et les miens restent parfaitement propres et rouges. Mais de quel tissu magique sont donc fait les habits des Schtroumpfs ?
Il faut que je trouve le moyen d'en ramener un échantillon discrètement.
(*)
orthographe confirmée dans Le bon usage de Grevisse, p.614, §.374.
« pensé-je » est ici une incise. Lorsque le sujet est je, e final du verbe devient é dans la langue littéraire. La langue populaire, qui répugne à l'inversion, laisse souvent le pronom devant le verbe de l'incise, mais en introduisant celle-ci par que, comme dans cet exemple : « Pauvre bête, que je lui dis ».
22 octobre 2004
DLPDGS - épisode 2

07 heures
Je me demande dans quel album je suis tombé.
Finalement, avec ce pantalon, ma démarche devient souple, légère et agréable. Je me sens presque rebondir…
J'entreprends une petite visite de la maison du Grand Schtroumpf avec une bougie d'antan à la main, trouvée sur le rebord du lavabo.
Première impression : ici, ça pue le champignon moisi, mais je suppose qu'on doit s'habituer.
La maison se compose d'une salle avec cheminée, d'une chambre, d'une cuisine et d'une salle-de-bains avec toilettes. Mais surtout, oh oui, surtout… il y a un laboratoire, je sens que je vais pouvoir m'amuser !
Les fenêtres creusées dans les cloisons du champignon géant comportent 4 carreaux et sont ornées de montants en bois épais. De jolis rideaux jaunes les agrémentent.
C'est très rustique, même le sol est en mousse des bois 100% naturelle.
Je me demande à quelle époque je suis tombé ?
Pas d'électricité, pas de télévision, pas d'ordinateur, pas internet (schtroumpf ! pas de blog).
Pas non plus de montre, ni de téléphone mobile, ni de cigarette. Je ne peux même pas mettre un patch car ça se verrait sur mon torse nu…
Mais je découvre un magnifique coffre en bois orné d'une ENORME serrure en métal qui doit regorger de secrets, d'inventions, de recettes à rapporter chez les humains !!!
Je me demande où se trouve la clef ?
21 octobre 2004
DLPDGS - épisode 1

06 heures
Ma journée (et donc mon expérience) débute dans la maison du Grand Schtroumpf, plus précisément dans sa salle-de-bains.
Le jour n'est pas encore levé et le village des Schtroumpfs est encore tout endormi. Seule la fenêtre de la salle-de-bains du Grand Schtroumpf est allumée...

Me voici avec la peau bleue et je ne mesure que 2 pommes 1/2 !
Première surprise, après avoir utilisé le seau d'eau laissé par la production à ma discrétion, je découvre en prenant ma douche que la baignoire est bleue ! Etrange…
A la lueur de la bougie, je me regarde dans la glace et horreur : j'ai une barbe blanche et mon crâne est chauve et tout bleu (comme le reste de mon corps) ! Ca me démange de couper cette barbe et de me raser, mais je ne peux pas, c'est interdit dans le protocole.
Mon petit corps n'est pas très musclé, mais aucune ride ne marque mon visage.
J'enfile les vêtements qui me sont destinés. Cet affreux pantalon rouge me donne l'impression de revêtir un baby-grow, c'est ridicule, pas de trou au bout des jambes… il se finit par des pieds.
L'élastique me sert un peu à la taille mais je n'ai pas le choix. Il vaut mieux ça que le contraire, car perdre mon pantalon serait très ennuyeux.
Derrière moi, quelque chose me gène. Ah, c'est idiot, j'ai tout bonnement omis de placer ma queue bleue et ronde au travers de l'orifice prévu à cet effet au dos du pantalon. C'est pourtant bien pratique.
J'enfile sur ma tête cette espèce de bonnet phrygien, rouge lui aussi, qui dissimule mon crâne chauve.
Je suis torse-nu, mais ça va, il ne fait pas trop froid.
Dernier regard dans la glace, le sourire en coin, le regard vif :
« C'est bon, ça le fait ! Je suis le Grand Schtroumpf ! ».

20 octobre 2004
24h dans la peau du Grand Schtroumpf
Génial !
La semaine dernière, j'ai eu l'honneur de participer à l'émission de télévision « Vise un peu ma vie ! ».
Dans mon bulletin de participation, j'avais demandé à passer « 24h dans la peau du Grand Schtroumpf », et immense reconnaissance :
le Grand Schtroumpf a accepté !
J'ai donc décidé de prendre la plume (enfin, le clavier) pour vous raconter ici en détails et en exclusivité cette mémorable expérience vécue :

Le Pr. Golb DLPDGS
Le premier épisode sera diffusé le jeudi 21 octobre en soirée.
17 octobre 2004
!!! prochainement sur le blog du Pr. Golb !!!
...ici, en exclusivité, le récit de ma dernière expérience intitulée :
Même si je souhaite ne rien révéler pour le moment, je vous signale quand même qu'il s'agit d'une expérience VECUE !
Je travaille actuellement à l'écriture de ce récit, ma foi, plutôt extraordinaire !
Cela prend beaucoup de temps, car je soigne les détails et je recherche des illustrations.
Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il y aura 24 épisodes, et que la couleur prédominante sera le BLEU...
A très bientôt, donc.




